Travail de rue

Le travail de rue en bref

Le principal objectif du travail de rue est de rejoindre les personnes qui sont peu ou pas rejointes par d’autres services plus conventionnels. En se familiarisant avec les parcs, les quartiers, les commerces (restaurants, bars, cafés, etc.) du secteur où ils sont assignés et en maintenant des contacts avec tous les différents organismes de la région, les travailleurs de rue peuvent intervenir auprès de personnes dans le besoin et les accompagner rapidement vers les bonnes ressources. Les champs d’intervention sont multiples. Des problèmes scolaires aux idées suicidaires en passant par la violence conjugale, la pauvreté et la prostitution, les travailleurs de rue sont formés pour venir en aide dans de nombreuses situations difficiles. 
 
Que ce soit pour offrir leur présence, leur écoute ou pour accompagner des personnes dans des organismes et les référer à des spécialistes, les services des travailleurs de rue sont toujours gratuits et confidentiels. 
 

Le travailleur de rue, beaucoup plus qu'un simple accompagnateur...

Entre l’ami et l’intervenant, le travailleur de rue n’agit pas en relation d’autorité, mais bien en relation d’être. Cette relation de confiance, qui se crée au fil des moments partagés par le travailleur et la personne rejointe, est le principal outil d’intervention du travailleur de rue. Beaucoup plus qu’un simple accompagnateur, il propose du soutien moral, sans aucun jugement,  et répond à un réel besoin. 
 
Son horaire varie en fonction de la demande des gens du milieu ce qui peut l’amener à travailler de jour, lors d’accompagnement, de soir, de nuit ou de fin de semaine.  L’horaire se doit d’être flexible pour bien répondre aux demandes qui viennent de la population.
 

À Mirabel

Le travail de rue a fait ses débuts à Mirabel en 2002, alors qu’il y avait qu’un seul poste actif, pour œuvrer principalement dans le secteur de Saint-Janvier. Seule ville où il n’y a pas eu de coupures de services  pour le travail de rue dans les Laurentides, depuis 2008, on compte même deux intervenants, afin de couvrir l’immense territoire de Mirabel, qui s’étend sur plus de 477 km2.  Seulement en 2015, plus de 3500 interventions ont été réalisées en lien avec une trentaine de sujets différents (agression sexuelle, santé mentale, toxicomanie, recherche d’emploi, etc.). 

En contexte québécois

Le travail de rue est un métier qui s’exerce depuis plus de 35 ans au Québec.  Plusieurs facteurs sont à l’origine de l’émergence de cette pratique. L’évolution des drogues, la Révolution tranquille, le désinvestissement du clergé, le mouvement féministe, l’arrivée de la pilule (la liberté sexuelle) dans les années 1960-1970 en sont quelques exemples.  Dans ce Québec en bouleversement, les milieux institutionnels vivent de l’incompréhension face à toutes ces nouvelles problématiques sociales.  Les professionnels ont de la difficulté à comprendre, donc à intervenir, avec de plus en plus d’adolescents et de jeunes adultes suite à la consommation de drogues (L.S.D, P.C.P).  Des intervenants sont alors dégagés pour aller dans la rue, afin de mieux comprendre la réalité de ces personnes.
 
L’Association des travailleurs et travailleuses de rue du Québec (ATTRUEQ) regroupe plus de 200 membres.  Cet organisme à but non lucratif veille à leur formation et a le devoir de leur offrir un lieu d‘échange sur la pratique.  Malheureusement, la difficulté de trouver du financement récurrent ou à long terme est une problématique non négligeable et une menace à la croissance de ce milieu. Pourtant, avec le taux de suicide en hausse, la montée de l’intolérance et de l’exclusion, dans notre société de contrôle où les critères de productivité nous mettent davantage de pression, il y a de plus en plus de gens en marge, plusieurs personnes échapperont au filet des réseaux d’entraide conventionnels. Nos instances gouvernementales ne devraient-elles donc pas investir pour maintenir le travail de rue, ce moyen efficace pour rejoindre tous ceux en marge?
 
 
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